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Compte-rendu du Conseil communal du 28 juin 2021

Avertissement : ce compte-rendu a été rédigé par la chargée de communication de la Ville, fonctionnaire communale, qui a assisté à la séance. Il ne prétend pas à l’exhaustivité, ni à la parfaite exactitude quant aux propos tenus, dont il s’attache cependant à respecter l’esprit. Il ne constitue pas un compte-rendu analytique de la séance.

Le Conseil communal a débuté sur une interpellation citoyenne. Madame Sarah Cerri a interpellé le Conseil concernant la politique d’urbanisme et d’environnement de la Ville, en particulier le projet 208L/2020 – le projet de construction dans le quartier Les Monts.

« Je souhaite faire valoir mon droit d’interpellation pour interroger votre Assemblée sur la politique environnementale de la Ville de Herstal, en particulier à propos du site dit "Les Monts", qui comme chacun sait est encore l’objet d’un projet d’urbanisation. Je ne souhaite pas revenir sur l’historique de ce dossier qui, après avoir été voté par votre Conseil, puis refusé par la Région Wallonne, va faire l’objet d’un nouveau dépôt et continue de susciter une importante mobilisation citoyenne. Je me limiterai à vous interpeler sur trois points : 1) la nécessité de faire mener une étude d’incidence ; 2) la nécessité de clarifier la position de la Ville sur les autres parcelles concernées par le site ; 3) plus généralement la nécessité de mettre à jour la politique environnementale de Herstal avec les enjeux de société contemporains.

Premier point : sur la nécessité de faire mener une étude d’incidence.

D’un point de vue strictement technique et administratif, nous savons déjà que le projet d’urbanisation porté par FL Projects concerne une superficie inférieure à 2ha, et ne nécessite donc pas, a priori, d’étude d’incidence. Cependant, l’avis (négatif) rendu par la Région Wallonne explique très bien que ce projet d’urbanisation n’a de sens que s’il permet une amélioration du maillage de voiries, et donc s’il s’étend au-delà de la parcelle actuellement concernée. Dès lors, l’alternative est claire : soit la nouvelle mouture du projet reste dans la superficie d’origine, il ne répond pas aux objections de la Région Wallonne, et il n’y a alors aucune raison que le Conseil communal lui donne son feu vert; soit la nouvelle mouture du projet prévoit bien une extension, ce qui fonde alors pleinement la nécessité de réclamer une étude d’incidence. J’ajoute à cela le fait que la Ville peut très bien, de son propre chef, réclamer une telle étude d’incidence. Pour rappel, le site des Monts est reconnu comme "Site de grand intérêt biologique" par le portail "Biodiversité" de la Wallonie, qui précise que la zone présente "une biodiversité d’une richesse considérable", constitue "un relais important du réseau écologique", "ne coûte rien à la collectivité et rend pourtant nombre de services dit ‘écosystémiques’" : face à ces constats, le simple bon sens réclamerait au moins qu’on se préoccupe minimalement des conséquences environnementales d’une destruction de cet ilot de nature spontanée. C’est ce que permettrait d’établir une étude d’incidence en bonne et due forme. Refuser cette étude d’incidence apparait comme une aberration, que, en tant que citoyens, nous ne pouvons interpréter que comme une manœuvre d’obstruction politique.

Deuxième point : sur la nécessité de clarifier la position de la Ville sur les autres parcelles concernées par le site.

Certaines de ces parcelles sont déjà possédées par la Ville, d’autres par des propriétaires privés. Certains de ces propriétaires nus ont dit être actuellement en négociation avec la Ville (via sa régie immobilière "Urbeo"), qui souhaite les acquérir. Aucune publicité n’est faite actuellement sur les usages visés pour ces parcelles. Peut-on en savoir davantage ? Comment cette politique de rachat s’inscrit-elle dans le plan de développement communal ? Faut-il y voir la volonté de la Ville de protéger le site pour en faire, comme le dit si bien le site d’Urbeo, un "lieu de détente et une respiration verte" dans la ville ? L’expression concerne l’ancien site industriel Browning; le projet et les images sont très emballantes; la Ville a bénéficié pour cela d’importants fonds européens, et annonce une "fin des travaux" en "2020". Or, le "poumon vert" des Monts, lui, existe déjà bel et bien, et ne coute rien. Est-ce que Urbeo va l’ajouter à sa liste de projets sur son site ? Formulé plus directement, ce second point se résume à la question suivante : pourquoi annoncer de grands projets de création de zones vertes lourdement subsidiés mais pas réalisés, alors qu’aucune publicité n’est faite sur le destin qu’on veut réserver (la vendre à des promoteurs immobiliers) à une zone verte déjà existante ? Planter des arbres, c’est bien; mais puisqu’il faut des décennies à un arbre pour devenir réellement efficace en termes écologiques, ne pas abattre ceux qui existent, c’est beaucoup (beaucoup) mieux.

Troisième point : sur la nécessité de mettre à jour la politique environnementale de Herstal avec les enjeux de société contemporains.

Enfin, mon troisième point est une simple conséquence de ce qui précède : il faut que la Ville revoie urgemment sa politique environnementale, qu’elle l’adapte aux enjeux qu’impose le monde dans lequel on vit désormais, et qu’elle cesse d’en faire uniquement une "vitrine" de bonne conscience écologique. Le Musée de l’Éphémère ? Très bien, mais c’est insuffisant. Urbeo indique d’ailleurs encore clairement que le site n’existe qu’en attente d’une relance immobilière. La densité de population à Herstal, l’exiguïté des logements et des jardins, l’important taux de pollution de l’air, les excès climatiques que nous connaissons de plus en plus régulièrement, et, plus généralement, la prise de conscience citoyenne qu’un changement radical dans nos modes de vie et d’habitat est nécessaire si l’on veut, psychologiquement et physiquement, tout simplement survivre : tout cela doit amener la Ville à renforcer ses priorités environnementales. Cela passe notamment par une révision du plan de secteur et par une sanctuarisation des quelques zones vertes encore présentes dans le périmètre urbain. C’est en votre pouvoir de Conseil communal de prendre ces décisions. Ce n’est pas une fatalité administrative : ce sont des choix politiques. Qui décide de la politique environnementale à Herstal ? La régie immobilière Urbeo, ou bien le Conseil communal démocratiquement élu ? J’ose espérer que c’est encore la deuxième réponse qui est la bonne; nous attendons de vous, mandataires élus, que votre attitude et votre courage politiques puissent ne pas nous en faire douter.

Enfin, permettez-moi de rappeler l’impact de ce projet sur le climat et la biodiversité de toute la ville, en quelques points :

- 7 arbres sont à abattre (1 de plus que dans le premier projet, d’ailleurs), tous d’une circonférence supérieure à 130 cm; répondent à la définition d’arbres remarquables, ce qui devrait rendre le projet irrecevable en l’état.

- Cette zone, dite de friche, et déjà partiellement détruite par un ratissage complet, est justement tout l’intérêt de la zone dans sa globalité car c’est avec une zone non boisée aux abords d’une zone boisée que l’on crée une biodiversité.

- Les réponses apportées aux remarques de la DNF sont très (très) cosmétiques : la "transplantation" des espèces végétales protégées et la création d’une bande ensablée ridicule sont un sommet de greenwashing. Le fait que l’entretien de cette bande de sable incombe aux futurs propriétaires du lot (l’immeuble à appartements) rend son destin très clair : elle ne sera pas entretenue.

- La biodiversité ce n’est pas trois jeunes arbres parfaitement alignés et encadrés de béton, ce n’est pas quelques pelouses bien tondues, ce n’est pas des toits végétalisés, c’est un système complet, complexe, diversifié, laissé en liberté depuis des décennies.

Nous allons donc supprimer, à terme, un éco-système complet, une biodiversité, un poumon vert et un rempart contre le réchauffement climatique, déjà présent et totalement efficace.

Et pour conclure, je souhaite relayer à nouveau la proposition d’une concertation sur le destin de cette zone, avec un grand nombre de citoyens prêts à s’investir pleinement dans un véritable projet d’amélioration de la qualité de vie des riverains et des passants ».

Le bourgmestre f.f. Jean-Louis Lefèbvre a répondu à l’interpellation citoyenne : « Madame Cerri, je vous remercie pour votre interpellation. Nous en sommes à la deuxième interpellation citoyenne sur ce dossier, je comprends qu’il vous tienne à cœur, je l’ai bien ressenti dans votre intervention. Aussi, je vais m’atteler à vous répondre le plus précisément possible et à tenter d’expliquer au mieux les choses avec l’ensemble des informations dont je dispose.

Avant de vous répondre sur les 3 points que vous évoquez, je souhaite mettre en évidence des éléments plus généraux sur le dossier des Monts. Notre région, notre arrondissement, et notre ville font face à de grands défis. Parmi ceux-ci, l’environnement – et vous l’avez cité – mais aussi le logement.

En effet, une ville a besoin de zones vertes; et la crise du coronavirus l’a confirmé, les citoyens sont en recherche d’espaces extérieurs partagés, d’autant plus lorsqu’ils n’en bénéficient pas à titre privé. C’est notamment pour cette raison, que durant les confinements, nous avons veillé à l’entretien de nos sentiers, des parcs du Musée de l’Ephémère et du Champs des Oiseaux ainsi que de l’Arboretum. Nous avons aussi aménagé les abords de l’espace Marexhe. Nous avons également une réflexion en cours sur les espaces de détentes répartis dans chaque quartier, et notamment dans celui de la Préalle.

Les villes font également face à un réel besoin de logements. On le sait, la pression démographique est élevée. D’ici 2040, 87.000 nouvelles habitations seront nécessaires en Province de Liège. Si l’on souhaite y répondre, et avec des bâtis de qualité, sans se retrouver face à une explosion des prix, la construction doit suivre. Au rythme actuel, nous sommes en déficit d’au moins 150 logements par an à Herstal.

Voilà deux grands défis qui se trouvent dans la balance des autorités régionales et locales.

Doit-on donner plus d’importance à un élément plutôt qu’à un autre ? Je ne le pense pas.

Ils sont liés et nous devons chercher à rencontrer l’intérêt général. C’est-à-dire, la meilleure solution pour répondre aux défis à long terme. A Herstal, nous pensons que l’équilibre entre logement et environnement est atteignable : rénovation importante des logements publics, connexion des bâtiments publics au réseau de chaleur (et demain les gros bâtiments privés), prime pour les panneaux photovoltaïques, etc.

Croyez-moi, l’équation n’est pas toujours facile puisqu’il faut aussi garantir une mixité, et des logements à prix abordables. Là, l’autorité ne contrôle pas tout (1800 logements sur 17.000), mais elle tente de favoriser des projets immobiliers en adéquation avec les quartiers tout en favorisant la mixité sociale (charte); et en décourageant la spéculation à l’aide de leviers fiscaux ciblés (taxe sur les bâtiments inoccupés : voté en séance du 21/10/2019 à 19 pour et 11 abstentions; taxe sur les terrains inoccupés).

Enfin, il faut aussi veiller à ce que les logements soient proches des services essentiels, comme les écoles, les transports en communs ou encore les infrastructures sportives.

Comme tous les projets immobiliers à Herstal, celui dont nous parlons aujourd’hui s’insère aussi dans cet enchevêtrement de réalités à prendre en compte. En tant qu’autorité, nous ne sommes ni l’avocat du promoteur, ni le représentant du comité "Bon Air Trois juin". Nous sommes le garant de l’intérêt général.

Cette position peut parfois être ressentie comme trop neutre, mais je vous assure que lorsqu’on est aux responsabilités, il faut l’assumer et donc faire en sorte que tout ce qui permet au citoyen et aux autres parties de s’exprimer soit mis en place.

L’enquête publique, est l’outil principal d’expression; mais aussi les réunions de concertation, ou encore l’interpellation citoyenne. Alors oui, à un moment donné l’autorité devra trancher sur le projet en tant que tel, sur le permis d’urbanisation et pas que sur la voirie.

Il y a déjà eu une enquête publique de 30 jours et une réunion de concertation. Un recours a abouti à la Région Wallonne, qui a engendré lui-même une deuxième enquête publique qui est en cours et qui se terminera le 30 juin. Les citoyens ont donc encore 2 jours pour s’exprimer et l’autorité doit respecter ce droit. (L’enquête a été lancée dans un périmètre de 50 mètres à partir des limites des terrains faisant l'objet de la demande. Elle a concerné 108 ménages).

Je vais maintenant répondre précisément à vos 3 questionnements.

Premièrement, je voudrais faire taire une rumeur. Ni Urbeo, ni la ville de Herstal n’ont de projet immobilier ou autre sur le site des Monts. Pour être totalement transparent avec vous, la Ville possède 4 parcelles à proximité du site qui sont, entre autre, occupées par un bassin d’orage et une canalisation d’égouttage. J’affirme également que la régie communale autonome Urbeo ne possède aucune parcelle voisine au projet et n’est en négociation avec aucun propriétaire pour en acquérir.

Cette clarification me permet de faire le lien avec votre premier point : la demande d’une étude d’incidence. Vous indiquez que celle-ci s’impose étant donné que le projet est voué à s’agrandir. En ce qui concerne la Ville de Herstal et Urbeo, je viens de vous répondre clairement sur cet aspect.

Maintenant, je comprends le sens de votre interpellation sur ce point, car il est vrai que le recours a eu un effet inattendu puisque la Région Wallonne demande au promoteur de densifier le maillage des voiries et donc de ne pas empêcher un développement futur par des voiries organisées en clos, ce qui était le cas dans le premier projet.

Le demandeur a donc redéposé un projet avec des plans modifiés pour se plier à la demande de l’autorité régionale, mais sans modification de son périmètre, qui demeure toujours dans l’1,4 ha (adjacent à un espace boisé 10 fois plus important de près de 13 ha). Puisqu’il s’agit d’une modification d’une procédure en cours d’instruction, l’étude d’incidence n’est pas nécessaire et ne pourrait s’imposer. (Néanmoins, je peux voir avec nos services s’il est possible de réclamer un complément corollaire de la notice d’évaluation préalable des incidences).

Deuxièmement, concernant l’impact sur la faune et la flore, je vous rappelle l’avis favorable conditionnel du Département Nature et Forêts de la Région wallonne, qui est l’instance la plus compétente dans cette matière. Néanmoins, je me permets de vous indiquer que même si le périmètre du projet n’a pas été modifié avec les nouveaux plans, le DNF est une nouvelle fois consulté. Nous attendons encore sa réponse.

Enfin, sur la politique environnementale de la ville. Je vous rejoins sur beaucoup de points et vous avez bien compris nos préoccupations au début de mon intervention. Je tiens aussi à rappeler qu’il y a 10 ans (SSC voté en septembre 2010), nous avons posé un acte fort en ce sens : la création d’une réserve foncière immunisée sur la partie haute de la Ville de Herstal afin de conserver des zones d’espaces verts. C’est ce qu’on appelle la "bande verte" à Herstal. Nous avions fait appel à des spécialistes des Universités de Bruxelles et de Liège pour notamment, découper notre territoire en zone à urbaniser et à protéger et, le terrain de 1,4 ha qui nous occupe n’en fait pas partie.

Pour lutter contre le réchauffement climatique et améliorer la qualité de l’air, il faut bien entendu disposer d’espaces verts (et Herstal n’en manque pas), mais je pense qu’il faut surtout s’inscrire dans des solutions structurelles :

- Le réseau de chaleur, qui est en construction pour le moment, représentera 38.000 tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère dans sa première phase. Soit l’équivalent des rejets de 20.000 ménages. Il y a 17.000 ménages à Herstal. Je pense que ce n’est pas une vitrine de bonne conscience.

- L’arrivée du tram en 2026, au-delà d’améliorer la mobilité et le confort des citoyens, va contribuer à réduire aussi fortement les émissions de gaz à effet de serre.

- Le plan de rénovation de 32 millions d’euros pour 757 logements publics (dont 65 dans le quartier des Monts) d’ici 2025 va dans le même sens.

- Le plan Renowatt d’isolation des bâtiments publics nous a permis d’en rénover 12 (2,7 millions) et d’améliorer significativement leurs performances énergétiques.

- La création prochaine d’un Parc urbain sur l’ancien site Browning.

- La mise en place d’un jardin productif de 2,5 ha sur l’ancien site des ACEC.

Pour ne citer que quelques exemples.

Vous voyez donc que là où nous avons la main nous faisons ce qu’il faut. Nous sommes conscients de notre responsabilité environnementale.

Pour le projet des Monts, dossier qui légitimement vous préoccupe, nous sommes face à 1,4 ha de terrain privé, non boisé, qui se trouve en zone d’habitat urbain apte à l’urbanisation et en intérieur d’ilot à urbaniser de manière prioritaire au schéma de développement communal.

A ce stade, notre rôle est de permettre à l’enquête publique de se dérouler pour que les citoyens qui le souhaitent s’expriment. Je les y invite !

Je vous assure que toutes les requêtes ont été prises en compte et analysées avec sérieux par nos services et que ce sera encore le cas jusqu’à la fin de cette deuxième enquête.

Madame Cerri, je pense avoir été le plus complet possible, et j’ai tenté de vous expliquer au mieux notre vision à long terme mais aussi notre rôle essentiel de recherche d’équilibre et d’intérêt général. Cet équilibre n’est pas toujours facile à atteindre et nous faisons en sorte d’y parvenir sur base d’indicateurs objectifs analysés par nos services et les professionnels désignés pour nous aider. Je suis conscient qu’il ne peut convenir à tout le monde mais il permet de se fixer un cap et une vision à long terme qui sont indispensables pour faire face aux défis actuels et futurs."

Suite à la réponsu du bourgmestre, Madame Cerri réagit : « J’entends que vous voulez des logements à prix abordables, je doute que ce soit le cas pour ce projet, idem pour la mixité sociale. Pour le reste je me réjouis d’entendre que vous ne souhaitez pas que le projet s’agrandisse, je suis ravie que l’a DNF soit à nouveau consultée. Cette zone dite non boisée crée un ensemble de biodiversité, c’est un crime de l’abattre ».

C’est ensuite au tour du conseiller communal Julien Liradelfo (PTB) de prendre la parole pour proposer une motion afin d’organiser une consultation populaire dans le cadre du permis d’urbanisation 208L/2020 situé rue du 3 juin : « Il y a un an, FL Project a déposé son projet pour construire un lotissement dans le dernier espace vert de la ville. Un projet qui a récolté 1400 signatures, 210 lettres de réclamation, des rassemblements citoyens devant le conseil, le CCATM a rendu un avis négatif au projet. Ensuite, le Conseil communal s’est positionné pour la création de la voirie pour créer le lotissement, la Région a donné raison aux citoyens. Toute cette situation nécessite de demander l’avis des citoyens.

Les enjeux sont nombreux : il y a un grand intérêt biologique, un enjeu climatique (les défis sont énormes, ce genre d’espace joue son rôle dans la rétention d’eau et face aux sécheresses qu’on connait), il y a un aspect politique (c’est une décision politique d’accepter ou non l’urbanisation d’une telle zone), il y a un aspect démocratique : est-ce qu’on demande l’avis des citoyens dans les grandes décisions d’urbanisation du territoire ? Il y a aussi un impact sur le bien-être, pendant le confinement on a vu les bienfaits de ce type d’endroits. Face à tous ces enjeux, vu l’ampleur de ce projet qui supprimerait un des derniers espaces verts d’Herstal, nous pensons qu’il faut demander l’avis des citoyens par un vote. On propose que le Collège organise une consultation populaire communale. Certes, il y a une enquête publique toujours en cours mais son niveau reste bas d’un point de vue démocratique ».

Les chefs de groupe ont ensuite donné leur avis quant à cette proposition.

Vannessa Cibour pour le PP : « La consultation populaire comme le referendum sont des outils démocratiques très importants mais dans ce cas précis, je ne suis pas convaincue de son utilité, que ce soit un outil adapté. Les intérêts des uns ne sont pas les intérêts des autres. Les interrogations et les craintes sont légitimes mais les résultats de cette consultation population risquent de ne pas refléter la réalité. Il y a d’autres outils démocratiques plus pertinents quant à la finalité poursuivie ».

Bernadette Vandenbergh pour le MR : « Je trouve qu’il ne faut pas user d’un tel outil democratique, surtout dans un dossier qui ne concerne qu’une partie de la population. Plus il y aura de personnes interrogées, plus il y aura d’avis divergents. D’autant que la Ville n’a pas d’emprise, on devra s’aligner à la Région ».

Le bourgmestre f.f. s’est exprimé pour le PS-H : « Nous avons bien pris connaissance du texte de cette motion. J’aimerais d’abord préciser des éléments de fond, et ensuite je me prononcerai sur votre demande de consultation populaire en tant que telle. Sur le fond : D’emblée, lorsque je lis le texte, j’ai l’impression qu’il laisse sous-entendre que les 14 hectares d’espace vert des Monts risquent de disparaitre si ce projet d’urbanisation abouti. Je commencerai à rappeler à nos collègues, ainsi qu’au public, que ce projet concerne 1,4 ha non boisé, comportant déjà des constructions; et que les 13 ha restants boisés ne sont pas concernés. De plus, cet espace n’a jamais été un lieu public, ou un parc, c’est une propriété privée. (Pour rappel le territoire de la ville de Herstal c’est 23,54 km2).

Il est vrai que le recours de certains riverains s’est soldé par un effet inattendu. Le Ministre a bien refusé le projet initial de voirie, non pas pour des raisons écologiques ou autres, mais parce que le projet ne va pas assez loin dans le maillage des voiries (et notamment de mobilité douce). Pour le dire simplement, c’est le Ministre qui indique qu’il faut aller plus loin, qu’il faut que les voiries puissent permettre un jour de se connecter aux autres parcelles.

Et je l’ai dit tout à l’heure dans ma réponse à l’interpellation citoyenne, ni la Ville, ni Urbeo ne sont en négociation ou en pourparlers avec les propriétaires des autres parcelles. Nous sommes très clairs là-dessus. Nous ne sommes pas face à une nouvelle demande, mais face à une modification de la demande de permis en cours de procédure. Rien ne change concernant le périmètre initial du projet. Néanmoins, la Ville a à nouveau consulté la CCATM et le DNF afin d’obtenir les avis officiels (La CCATM qui s’était uniquement opposée au projet sur base de la crainte d’une augmentation du trafic rue du 3 Juin et non sur l’urbanisation de la parcelle).

Vous situez le projet dans la bande verte, c’est totalement faux. En effet, il se situe en zone d’habitat urbain apte à l’urbanisation et en intérieur d’ilot à urbaniser de manière prioritaire au schéma de développement communal. Je me réjouis de votre adhésion à la bande verte puisqu’en 2010, vous étiez le seul groupe politique de cette assemblée à ne pas avoir voté en faveur de cette bande verte, acte pourtant fort de notre schéma communal de développement territorial, qui protégeait toute une série de terrains de l’urbanisation. (Abstention au conseil de septembre 2010 sur le schéma de structure communal)

Voici pour les précisions importantes qu’il me semblait utile d’apporter afin que les membres de ce conseil et nos citoyens disposent d’une information correcte.

J’en viens maintenant à votre demande d’organisation d’une consultation populaire : reconnaissons quand même qu’une enquête publique de 30 jours a déjà eu lieu. Vous rappelez les 200 réclamations et une pétition. Ces documents ont été analysé et discuté à l’occasion d’une réunion de concertation réunissant les riverains, le promoteur, la ville et la Région Wallonne. J’en profite par ailleurs pour saluer le travail de synthèse remarquable de nos services. Lesquels ont aussi veillé à répondre à toutes les questions de manière transparente et pédagogique.

Une deuxième enquête publique est actuellement en cours jusqu’au 30 juin, et il est fort probable, qu’en septembre, une seconde réunion de concertation sera organisée. Ces enquêtes publiques sont justement là pour consulter la population. Elles permettent aux citoyens concernés par le projet de s’informer et de se prononcer librement. A ce stade, est-ce qu’organiser une consultation populaire, qui n’a pas force de décision, va apporter des éléments nouveaux ? Honnêtement je ne le pense pas. Il faut se rendre compte qu’on est face à un projet immobilier qui concerne un quartier et pas l’ensemble de la population. On parle de 1,4 ha non boisé sur 2.354 ha que compte notre entité. Or, lorsqu’on regarde l’historique des consultations populaires en Wallonie, on voit qu’elles concernent des grands projets d’aménagement d’ampleur qui changent le visage et l’organisation d’une ville, ou encore l’implantation de parcs éoliens, etc… soit des projets qui touchent chaque citoyen. L’outil me semble donc disproportionné dans le cas qui nous occupe.

De plus, il faut se rendre compte que l’organisation d’une consultation populaire est similaire à celle d’une élection. Il faudra mobiliser du personnel un dimanche pour organiser les bureaux de vote, les dépouillements, le nettoyage etc…mais aussi, en aval, créer une brochure avec des questions précises dont on ne peut répondre que par oui ou par non. Je refuse d’imposer une telle surcharge de travail à nos services après les 16 mois difficiles qu’ils viennent de traverser. En plus des tâches habituelles et extraordinaires, je vous rappelle qu’ils ont mis en place 4 centres de distributions de masques pour la population et un centre de vaccination, qui rouvre ce 26 juillet.

Le dossier des Monts mobilise déjà beaucoup d’énergie en interne et toutes les procédures d’information et de consultation des citoyens sont menées parfaitement. Dès lors, on ne peut raisonnablement ajouter une telle charge sur le dos de notre personnel, c’est humainement impossible. Si le PTB veut assumer cette corvée, il peut le faire. Le Code de la démocratie locale prévoit qu’une consultation populaire peut être organisée si 10% des habitants la demandent, car Herstal est une commune de plus de 30.000 habitants.

Enfin, pour demander une consultation ou y participer, je vous informe qu’il faut :

o Être inscrit ou mentionné au registre de la population de la Ville,

o Être âgé de 16 ans accomplis,

D’autres conditions plus formelles doivent également être réunies.

Je vous remercie pour votre bonne attention et j’invite surtout mes collègues à ne pas soutenir votre motion ».

Julien Liradelfo répond à la réaction du bourgmestre f.f. : « On ne se faisait pas d’illusion sur votre position sur l’urbanisation des Monts. On demande une consultation populaire car on constate une vive opposition. La zone est à urbaniser et c’est bien ça qui pose problème, ce projet ouvre la voie à urbaniser totalement la zone. Ça ne concerne pas que les habitants du quartier, les pouvoirs publics incitent à créer des espaces naturels publics, ici on en a un naturel et il est en voie de destruction. Finalement, vous jouez la carte de la neutralité et de procédure mais vous avez montré votre position en votant pour la création de voirie, vous avez choisi le camp du promoteur qui va détruire le dernier poumon vert de Herstal. Cela ne m’étonne pas que le MR ne veut pas d’un outil démocratique, ici on n’abuse pas de cet outil, l’enquête publique est une procédure comme vos réponses. Vous n’assumez pas clairement votre position politique. Vous parlez d’intérêt communal, ce type de projet touche l’intérêt communal. Je prends acte que vous ne voulez pas demander l’avis des citoyens. On va continuer à soutenir les citoyens et le collectif pour préserver le site ». Les groupes PS-H, MR et PP ont voté contre (18 voix contre) et le groupe PTB a voté pour (8 voix pour).

Le chef de groupe PS-H Arnaud Thonard a ensuite interpellé l’échevine en charge des Cimetières, Denise Bohet, concernant la gestion et l’entretien des cimetières de la Ville de Herstal : « Cher Arnaud, je te remercie de me donner l’opportunité de mettre en évidence le travail des fossoyeurs dirigés depuis peu par une nouvelle fonction, celle de contremaitre aidée par un brigadier et sous la responsabilité d’un agent technique en chef arrivé presque en même temps que moi c’est-à-dire en janvier 2019. Un cimetière, c’est comme une ville avec toutes ses caractéristiques (routes, environnement, accessibilité, gestion des déchets, règlementations, assurances, signalétique…) dotée d’une dimension supérieure à laquelle nous sommes tous confrontés : la perte d’un être cher. Nos fossoyeurs tous les jours y sont sensibles et attentifs. En effet, un cimetière est certainement le seul lieu au sein d’une société où se joue un drame intime qui pourtant est dépendant du collectif.

Leur mission première est d’inhumer avec tout ce que cela comporte comme travail avant et après (creuser la tombe-ouvrir le caveau-préparer le colombarium, la cavurne, refermer…). L’autre mission est l’entretien. Jusqu’au 1er juin 2019, l’utilisation des pesticides la rendait très facile. A partir du 1er juin 2019, pour nous tous, cela relevait du défi. Dès notre arrivée, l’agent technique en chef et les fossoyeurs ont réalisé un état des lieux des cimetières afin de définir les types d’entretien au sein de chacun des 8 cimetières en fonction de l’allée, de son ensoleillement, du passage, de son utilisation (en tout : une analyse des 113.000 m2 qui font l’ensemble de nos cimetières, des 13 pelouses de dispersion à entretenir).

Il n’y avait pas de doutes, nous devions aller vers la gestion différenciée, repenser l’entretien et la conception des espaces et faire des choix, voire des adaptations en cours de route. Pour Milmort ancien et Liers ancien, la végétalisation s’amorçait comme la meilleure solution. La licourt suit. Nous allions nous tourner vers un maximum de graminées qui supportent bien la tonte afin que petit à petit se suppriment naturellement les non graminées. C’est pourquoi aussi l’engazonnement dans certaines allées semblait approprié. Alors que d’autres pouvaient rester empierrées.

Tout doucement, notre vision d’un cimetière minéral devait aussi laisser place à une végétation spontanée et maitrisée (couvre sol-fleurissement-bulbes…).

Une communication régulière dans la gazette explique aux citoyens cette nouvelle vision. D’autres moyens pourront s’appliquer lorsque la crise sera finie.

Apres l’état des lieux, un planning des entretiens spécifiques s’est dégagé ainsi que des fiches d’entretien datées qui organisent le travail journalier. Donc tout est planifié et programmé. Un plus a été la compréhension et l’adhésion de l’ensemble des fossoyeurs à ces nouveaux modes opératoires. Il faut aussi savoir que les fossoyeurs réalisent l’entretien des entre tombes et le ramassage des potées à la Toussaint à notre place.

Malheureusement, toute organisation du travail comporte des imprévus que l’on peut difficilement contrer. En l’occurrence, la météo, l’absence du personnel, les vacances légales, parfois même les incivilités. Et comment ne pas parler du 13 mars 2020 début de la pandémie covid. Après cette introduction passons à la technique.

Les tâches relatives à l’entretien des cimetières sont effectuées quotidiennement, lorsque les travaux relatifs aux inhumations sont réalisés. Depuis le mois de mars 2020, la crise du Covid19 a considérablement entravé les travaux dans nos cimetières.

Les différentes mesures sanitaires nécessaires et contraignantes ont eu un impact non négligeable sur nos tâches quotidiennes. Pendant pratiquement 15 mois, l’effectif présent a été réduit de 50 %. Ce qui a divisé, au moins par 2, le personnel affecté aux tâches d’entretien.

Depuis 2018, la Ville d’Herstal n’utilise plus d’herbicide dans les cimetières de l’entité, le zéro phyto est devenu la règle.

Diverses solutions sont apportées depuis :

- Présence de 3 contrats de type "Article 60", ce personnel est affecté essentiellement à de l’entretien.

- 2 Porte-outils "désherbeur" ont été acquis en 2019.

- Depuis 2019, la végétalisation des cimetières a commencé. Chaque année nous végétalisons des parties de cimetières (Liers église, Milmort église, parties de Rhées).

- La végétalisation entraine une adaptation de nos matériels de coupe en fonction des caractéristiques spécifiques de nos cimetières.

Les solutions envisagées pour ne plus avoir des problème de végétation abondate ) certains moments de l’année sont en constante évolution en fonction de l’avancée de la végétalisation dans nos cimetières.

Jusqu’en 2020, la révolution d’entretien de l’ensemble des cimetières prenait plus ou moins 5 semaines.

Concrètement :

- 3 révolutions entre le 15 mars et le 30 juin.

- Entretien ciblé en période estivale (avec la moitié du personnel en vacances annuelles).

- 1 révolution d’entretien en septembre combinée à un entretien plus précis et important en vue de la Toussaint.

Il est certain que les 2 printemps 2020 et 2021 ne sont pas des périodes de référence au vu de la crise sanitaire et ses conséquences sur la présence du personnel.

Durant l’année 2020, il y a eu 127 interventions supplémentaires, des mesures sanitaires plus contraignantes et moins de personnel."

Arnaud Thonard remercie l’échevine pour son intervention ainsi que tous les ouvriers au nom du PS-H.

Pour finir, la conseillère communale (PS-H) Christelle Timmermans interpelle Bojana Visic, échevine en charge de l’Environnement, sur l’incendie au centre de tri de la société Suez : « Le 8 juin dernier, un important incendie s’est déclenché au centre de tri de la société Suez à Herstal. A première vue, il semblerait que des déchets stockés à ciel ouvert aient pris feu et provoqué un important dégagement de fumée. D’importants moyens ont été déployés par les pompiers qui sont parvenus à éteindre l’incendie durant la nuit. Nous avons peu d’information sur la nature des déchets qui ont pris feu et nous exprimons notre inquiétude quant à l’impact possible de cet incendie sur la santé de nos habitants.

- La Ville de Herstal a-t-elle effectué des démarches afin de connaitre la nature des déchets qui ont pris feu ?

- Dans l’affirmative, de quelle nature sont-ils et constituent-ils un danger pour la santé de notre population ? »

L’échevine Bojana Visic a répondu comme suit : " Le centre de regroupement de déchets non-dangereux et dangereux de la société Suez à Herstal est exploité sous le couvert du permis délivré par le Collège communal de la Ville de Herstal en date du 10 décembre 2007 à la S.A. SITA WALLONIE. Le service de l’Environnement a contacté M. Damien Marchandise, responsable du site pour le groupe Suez. Les déchets qui ont pris feu étaient entreposés à l’extérieur, en attente de chargement dans des semi-remorques pour incinération dans des centres de traitement agréés. Il s’agissait de déchets de classe 2 (encombrants, déchets industriels banaux, …).

Un courrier a également été adressé à Monsieur Marc Gilliquet, Directeur de la Police et des Contrôles du S.P.W., le fonctionnaire chargé par la Région Wallonne de la surveillance des établissements classés. En cas d’incident dans ce type d’établissement, l’exploitant est tenu de le prévenir sans délai. Nous restons dans l’attente d’information de M. Gilliquet sur l’incendie du 8 juin dernier.

Quoiqu’il en soit, la nature des déchets qui ont brulé est donc très diverse (bois, matières plastiques, papiers-cartons, etc.) et les fumées issues d’une incinération non contrôlée sont toujours toxiques. Du point de vue de la toxicité aiguë, l’incendie était relativement éloigné des premières habitations et nous n’avons pas connaissance de personnes intoxiquées par les fumées. Malgré la dilution de ces fumées, les odeurs incommodantes de plastiques brûlés étaient cependant perceptibles jusque dans le centre-ville. Du point de vue de la toxicité chronique, les polluants émis lors de l’incendie s’ajoutent à toutes les autres émissions atmosphériques issues des activités humaines en milieu urbain (gaz d’échappement, chauffage urbain, émissions industrielles, etc.), de sorte qu’il sera absolument impossible à postériori d’attribuer spécifiquement à cet incident un impact particulier sur la santé des habitants de Herstal. Le mieux que nous puissions faire, c’est de nous assurer que l’établissement concerné respecte les prescriptions du service Prévention de l’I.I.L.E.. Le service de l’environnement a donc demandé à l’exploitant de convoquer ce service afin de vérifier le respect des conditions d’exploitation imposées par le permis en cours en matière de sécurité incendie. Nous aviserons des mesures éventuelles à prendre vis-à-vis de l’exploitant en fonction du contenu du prochain rapport du service Prévention de l’I.I.L.E. »